mardi 23 août 2011

Le Mercredi 6 Juillet 2011


Quatre jours auparavant, ma soeur préférée Sophie se mariait avec Franklin Doucède, (Egalement mon beau frère préféré). OUF! J'étais présente! Je n'ai pas manqué à mon devoir de soeur et de témoin.

Cette semaine là été particulière puisque du coup, Sophie et Kinou étaient partis en voyage de noce, en Italie. Et Polo (mon petit frère préféré) venait de décoller pour 15 jours aux States... En vu de ne pas les inquiéter inutilement, ils n'avaient pas été mis au courant de la gravité de mon accident.

Petite pensée pour eux qui se sont fait beaucoup de soucis à leur arrivée.

En aparté, Polo m'a rapporté un cadeau très particulier des USA, que je porterai certainement le Jour J de notre mariage (avec Jean Phi) en 2013. Et oui nous avons du coup repoussé la date d'un an. L'arrivée clopi clopant de la mariée à l'Hôtel c'est pas la grande classe. Vous pourrez donc me demander à cette occasion, le contenu du paquet.

Le Mercredi 06 juillet, était une journée comme les autres, excepté que je fêtais ma première journée à mon nouveau boulot, après 2 jours de vacances bien mérités!! Il faisait vraiment très chaud et très sec.
En fin d'après midi, j'étais allée chez Laurence Pascal (Lolo) pour récupérer des plaques de cuissons et un micro-onde.

(Petit aparté, ce genre d'électroménager nous intéresse particulièrement, comme à toute personne qui rénove une maison et qui ne veut pas se ruiner. J'en profite pour remercier tous ceux qui participent à l'ameublement et la rénovation de notre chère et vieille maison, et ceux qui y participeront! A bon entendeur... Nous avons toujours besoin de bonnes âmes et de petits / gros bras!)
J'avais proposé à Lolo de l'accompagner en soirée pour lacher Pretty (Sa ponette). Puis je m'étais finalement rétractée, en me disant qu'une gentille promenade dans les sous bois, avec mon Soprano serait tout de même bienvenue.

Arrivée chez François Bouffil (Là où se trouvent nos chevaux pour le moment) vers les 19h00, je fais un bisou à mon Jean Phi qui s'exerçait à la trompe, avec un ami sonneur, en vu du mariage de Karol et Olivier (qui est le fils de François).

Je vais ensuite chercher mon grand bai brun aux yeux doux, pour le seller.


Je croise Laura (Une copine qui monte régulièrement Quiva, le cheval de Jean Phi) et je lui propose donc de partir en balade avec moi. Elle me répond qu'elle préférerait faire du saut d'obstacle en carrière. Le temps se faisant plus clément, je la rejoins dans cette idée.
Une fois à cheval, petite détente, pas, trot et galop dans l'ordre et le calme.

Marie (Une autre copine qui travaille aux Ecuries de La Ciotat) nous rejoint dans la carrière avec L'aigle noir, le cheval de François.

Nous avons plusieurs fois blagué sur je ne sais plus quoi, pendant quelques instants. Le soleil commençant à se déplacer doucement vers son coucher, je décide de vite sauter un ou deux obstacles avant de mettre pieds à terre. Parfait, les obstacles sont déjà en place, pas besoin de m'en préoccuper...

Je saute une petite croix... tout très bien! Puis je me dirige au petit galop sur un vertical d'environ 60/70cm.
Brusquement lors de la phase ascendante, l'élan de Soprano s'est stoppé net. Sa tête, son encolure et ses épaules ont piqué droit vers le sol. Il venait de s'emmêler les antérieurs dans la barre, qui n'a jamais voulu tomber.

D'où l'importance de ne pas faire n'importe quoi avec n'importe quel matériel. Car la barre était posée sur deux séparateurs de carrière (Un de chaque coté faisant office de chandelier); sauf qu'il y a une sorte d'encoche (sorte de U) au milieu de leur longueur.

Et de toute évidence, la barre peut se coincer dedans si le cheval la bouscule, et que celle ci glisse dans l'encoche. Certes vous me direz que Soprano n'est pas un grand sauteur... Mais il s'agit bien là d'un accident.
Bref, nous avons panaché. J'ai vu sa tête s'écrabouiller au sol puis, par gravité, j'ai plongé vers l'avant. A peine le temps de me mettre sur le coté (je sais plus si c'est en vol ou une fois à terre) pour tenter d'esquiver la masse noire qui se fondait (tel un aigle) sur moi.

Le choc fut brutal, j'ai encore le craquement de mes os qui résonne dans ma tête.
Je me souviens m'être dit: "toi ma cocotte, tu vas pas t'en sortir comme ça"

Soprano recouvrait mon corps entièrement, des pieds à la tête le temps de quelques secondes. Puis il s'est brusquement relevé, sans jamais me toucher avec ses sabots. Il a tenté une manoeuvre d'esquive pour m'éviter, mais sans franc succès, car il a glissé, et est retombé de plus belle sur moi. Nous formions une croix. Mon buste et ma tête sortaient de dessous son ventre. Mes pieds sortaient de dessous son dos. Ses sabots se trouvaient au niveau de ma tête à ma droite et à ma gauche.

J'ai tout de suite pensé qu'il fallait qu'il se lève! J'avais tellement mal!
Puis, élan de lucidité, s'il se lève il ne pourra pas éviter ma tête avec ses sabots.

Avant même qu'il ait eu le temps de penser à se relever, je lui ai caressé son postérieur gauche, j'ai posé ma main sur son ventre et je lui ai dit calmement "Douuuuceemmmment s'il te plait, Douuuucemmment".
J'ai vu son antérieur droit faire un mouvement vers l'avant, j'ai alors insisté dans ma voix en répétant mon message et en appuyant plus fort sur son ventre, pour qu'il comprenne que je voulais qu'il se couche.

A cet instant j'espérais que les longues heures de séances d'éthologie porteraient leurs fruits.
Et le miracle se produisit, il a tourné sa tête vers moi, et dans un souffle bruyant, il s'est allongé de tout son long. Merci Soprano. Merci de m'avoir protégé, comme tu le pouvais.
Certains diront qu'il était certainement sonné par le choc, et que c'est pour cela qu'il s'est recouché. Mais j'aime me dire qu'il l'a fait pour moi.

A cet instant, l'accident prend une autre tournure. Les filles qui montaient à cheval avec moi ont tout de suite réagi. Marie est venue vers moi tandis que Laura courrait chercher du secours.
Marie aura bien tenté de voir si elle pouvait me dégager, mais impossible.

En moins de deux, Jean Philippe et son ami étaient dans la carrière. Faire basculer Soprano, n'aurait servi à rien... Je serais de toutes les manières resté coincée dessous.
Jean Phi lui, n'a pas réfléchi. Il a pris ses antérieurs, son ami les posterieurs, et ensemble ils ont soulevé les quelques 700kg de l'immense Soprano (172 cm au garrot).

Marie m'a tout de suite dégagé dès qu'elle en a eu l'occasion, avec une détermination exceptionnelle. Merci Marie.

"Ma hanche! J'ai mal à ma hanche gauche! Elle n'est pas à sa place". Elle était beaucoup trop haute! Je la sentais à coté de mon nombril. Je constatais aussi que ma jambe gauche était sur ma jambe droite, et mon genou faisait face au sol.
Je sais qu'à ce moment là, que si j'avais eu une arme chargée à proximité, et que mes proches ne me soutenaient pas. J'aurais tiré.
La douleur était trop intense, trop forte, trop inhumaine. Je me souviens avoir supplié à l'aide une bonne centaine de fois.
Ce devait vraiment être difficile pour les personnes présentes.

Laura me tenait la main, et dès qu'elle me sentait partir, elle me demandait de lui serrer la main très fort. Puis, en fonction de la douleur, il m'arrivait de lui broyer la main. Je m'excusais ensuite d'avoir pu lui faire mal. Mais tremblotante, elle me répétait qu'elle voulait que je lui serre la main le plus fort possible. Merci Laura.

Mon doux Jean Phi était à mes cotés, il me caressait le visage. J'étais glacée, et pourtant j'étouffais de chaleur.
Domino aussi était là, couché tout contre ma tête.

Les pompiers se sont perdus en route et ont mis au moins 40 minutes pour arriver, quelques longues heures pour moi psychologiquement. Laura était partie les chercher en haut du chemin, tandis que Karol avait pris la relève pour me tenir la main.
Soprano était toujours couché, sage, avec une personne à ses cotés en permanence. Je m'inquiétais pour lui... Pourquoi ne s'était-il pas relevé depuis? Comment allait-il?? Je commençais à paniquer en m'inquiétant pour lui... Mais en fait, tout allait bien.

Quand j'ai vu les pompiers, je les ai supplié de calmer ma douleur. Mais ils n'ont pas la possibilité de le faire. Ce sont des Urgentistes arrivant de Toulon qui ont pris le relais dix minutes plus tard.

Soprano a attendu sage dans la carrière que je sois évacuée pour se relever de lui-même, il a tout vu, tout compris, et tout ressenti, j'espère qu'il ne se sent pas coupable de ça... Car s'il doit y avoir une fautive c'est bien moi.

J'ai été perfusée dans tous les sens. Mes vêtements et mes magnifiques chaps Soubirac ont été réduites en lambeaux. Je pestais. Je pensais avoir qu'une hanche déboitée.

Mais à voir la tête des Urgentistes de toute évidence ce n'était pas le cas. Ils sont arrivés à me transporter jusqu'à leur ambulance. Je perdais un point de tension toutes les deux minutes.
J'ai vu le défibrillateur être mis en route, tandis qu'un autre me faisait une échographie du bassin. J'ai entendu successivement: "Je vois le rein, je vois la rate, je vois la vessie, absence d'hémorragie pour le moment".

Ils se sont ensuite décidés à partir. J'ai lancé à la volée deux ou trois instructions à Jean Phi, comme "ma bague de fiançailles est dans la voiture, préviens papa et maman, ..."

Une fois que la morphine avait bien fait effet, j'avais tenté de détendre l'atmosphère en blaguant un peu: "Bon ça va, je vais pas mourir quand même"
Gros blanc... Ils se sont regardés dans les yeux, et l'un d'entre eux m'a dit: "On fera tout pour que ça n'arrive pas"; J'ai compris alors le degré de gravité de mon accident.

Arrivée à l'hôpital militaire de Saint Anne, j'ai été immédiatement prise en charge pour aller au bloc. Comment ça au bloc? Mais c'est que je veux pas de cicatrice moi! Je me renseigne alors sur l'éventuelle taille de cette dernière. Une quarantaine de centimètres? Hors de question! Plutôt mou... Bon ok je retire.

En moins de deux, j'étais endormie.

A mon "pseudo" réveil, j'ai entendu en me réveillant une voix qui disait "Tu te rends compte, une jolie fille comme ça, qui va boiter toute sa vie" Dommage, le début été pas mal.
Comment ça boiter? Mais de quoi parlait-il?

En salle de réanimation Papa et Jean Phi étaient là, que ça fait du bien de voir des visages familiers.

J'avais une broche qui traversait de pare en pare mon genou. C'était en fait le point de départ d'une traction de 5 puis 7kg, visant à rétablir les 20 cm d'écart entre mes deux jambes.
J'ai regardé attentivement mes hanches, mais pas de cicatrice, rien... mais pourquoi?

En fait, lorsque les radios étaient arrivées au bloc, le chirurgien avait pris la décision de ne pas opérer. Il y avait trop de fractures, trop de morceaux... Il m'avait donc remis la hanche à la main dans l'espoir que le tout finisse par colmater.

Le lendemain, pour me décrire la situation, le chirurgien m'avait dit que j'étais en fait... Comme une Biscotte Ecrasée. Depuis ce jour, ce surnom est resté.


AVANT 06/07/11


APRES 11/07/11


Quarante cinq jours de traction ont suivi, en total alitement. J'ai appris pendant tout ce temps à être patiente. Je remercie également toutes les personnes qui ont été présente, que ce soit physiquement ou spirituellement. Je n'oublierai jamais toutes les petites attentions de chaque personne.


Je remercie particulièrement ma maman, qui a assuré sur le plan logistique, mon papa pour m'avoir trouvé tous les moyens du monde pour communiquer, ma soeur pour sa présence et ses super massages, mon chéri pour l'amour qu'il me porte toujours, même en m'ayant supporté tous ces pénibles jours.

Et tous mes ami(e)s qui se reconnaitront, et que je remercie pour avoir été là! Tous ceux qui ne m'ont pas lâché. Le jour où vous aurez besoin de moi, je répondrai toujours présente.

Au quarante huitième jour, je suis partie au centre de rééducation.
Pomponiana Olbia! à Hyères (petite pensée pour Pauline S., elle comprendra pourquoi).
Et l'histoire part de là...

4 commentaires:

  1. Premier article : J'ai les larmes aux yeux!
    Tu commences très fort Charlotte LOL
    XXX

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  2. Nous pensons bien fort à toi Charlotte (et humm les pompiers et le samu ont mis bien plus de temps...)Nous sommes de retour fin Septembre. Nous t'embrassons, AK&O

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  3. J'en ai encore des frissons à relire le cheminement de cet évènement... Je suis contente de pouvoir te suivre via ce blog, ne pouvant pas venir te voir trop souvent ! Je suis de tout coeur avec toi ma charlotte, je t'embrasse fort <3

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  4. Depuis que tu m'as laissé le lien, je n'avais pas eu le temps de m'y plonger... ça fait froid dans le dos ce qui t'ai arrivé... je fais également de l'équitation à un niveau plus bas mais ce qui t'ai arrivé peut arriver à tout le monde... malheureusement c'est tombé sur toi...
    En tout cas c'est une magnifique idée que tu as eu d'écrire.
    Bon courage à toi et à tes proches,
    De tout coeur avec toi,
    Alexia M.

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