9h00 Rendez-vous avec l'Ergo:
Un fauteuil roulant est en train d'être aménagé pour moi, sur mesure. Pour que je puisse sortir me promener dans le parc. Et oui, mes jambes sont raides comme des bâtons, il est donc nécessaire de tuner l'engin. Je vais pouvoir me déplacer un peu mieux que dans le lit roulant.
10h00 Séance kiné:
Mes jambes progressent, surtout la droite. Mes deux coach semblent fières de moi, c'est encourageant.
Je force de plus en plus. Mes rotules grincent, et mes dents aussi. Je rêve du jour où il y aura du WD40 pour la mécanique humaine. J'espère que je ne grille pas trop d'étapes...?!

Comme chaque soir, Jean Phi m'a rejoint pour me faire un bisous. Le lieu est plus agréable pour se voir qu'à St Anne. Nous recommençons à avoir des discussions normales, et je ressens que son anxiété s'évapore. Nous arrivons à nouveau à partager des moments de joie et des instants complices.
Lorsque j'étais à l'hôpital, et que le moral n'allait pas, Jean Philippe était le premier dans la ligne de mire.
Je lui en voulais, et je m'en voulais de lui en vouloir...
Il venait me voir le plus souvent possible, et parfois même, un peu tard. Il faisait de son mieux, comme il pouvait entre la préparation de vendanges et les travaux de la maison.
Mais il me manquait, et il me manque encore. Nous n'avions jamais été séparé plus de deux jours. La distance était, et reste dure, bien qu'à Pompo, mon moral est croissant.
Dans mes derniers instants tractée, j'étais presque désagréable avec lui. Je m'enervais facilement pour des petites choses. Le chirurgien m'avait prévenu que les sept derniers jours seraient les plus difficiles à vivre.
D'ailleurs, la traction est retirée depuis désormais plus d'une semaine. Donc à priori, je devrai commencer la Balnéo en début de semaine prochaine.
Puis un soir, débordée par mes sentiments, j'ai fondu en larme dans ses bras (protecteurs), et tout était clair. Je lui en voulais réellement. Je lui en voulais de me manquer si fort. Je n'avais pas besoin de ressentir ce vide en plus de mes en mon mal être lié à mes blessures.
Et j'avais simplement besoin de lui en parler. Cette douleur était réciproque, nous nous sommes donc compris
Mon nounours, la vie sans toi c'est nul... Je t'aime!
Nous avions beaucoup échangé sur les futurs plans de la maison ce soir là.
Jean Philippe n'est pas de nature contrariante. Il connait ma ténacité et mon entêtement.
Dans la majorité des cas, il acquiesce mes idées sans trop de difficultés, il faut aussi dire que j'ai du temps pour y réfléchir.
Il a raison, statistiquement c'est un bon choix de me laisser faire... De toutes les manières, c'était le deal de départ, lui le jardin et moi la maison?!
Il aura l'occasion de se venger, et de me faire râler en coupant quelques beaux arbres. Il y a la tronçonneuse qui le démange. J'aurais au moins sauvé le palmier...
Ce dernier sauvetage m'aura couté beaucoup de salive et d'arguments.
Au pieds de ses racines se trouve un puis, un symbole plein de charme. J'admets qu'il soit au milieu de rien, mais il fait du rien un tout.
Qu'en pensez vous?
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