La fin de la semaine dernière a été riche en événements, et c'est d'ailleurs pour cela que la Biscotte n'a pas été très bavarde. Je pense que vous me pardonnerez si je vous dis que j'ai fait le choix d'aller m'amuser au dépend de mes écritures.
Mes amis kinés sont désormais partis, mais avant cela nous avons bien fêté leur départ comme il se doit. Ils me manquent déjà. Ils m'ont promis de revenir nous rendre visite peut-être en Février à Baravéou, je suis donc impatiente de les revoir.
Jeudi soir, nous sommes allés sur la plage pour profiter de notre dernière soirée tous ensemble. Ils ont été géniaux concernant la logistique et tout le reste.
Jessica et Brice ont transporté tant bien que mal ma poussette, pendant que Bertrand m'aidait à faire mes tout premiers pas dans le sable en m'assurant la marche. Avec trois kinés à mes cotés, aucune inquiétude concernant des contre indications potentielles, ils ont géré.
Tout avait bien commencé jusqu'à ce que des moustiques tigrés viennent nous envahir par milliers. De mon coté tout allait bien, car mon sang n'est pas trop comestible. Mais les kinés ont le sang assez fruité de toute évidence.
Jessica avec mon écharpe qui tente d'éviter les attaques des féroces assaillants.
Nous avons donc fini la soirée un peu plus en amont de la plage pour ne pas être dévorés tout cru par les moustiques des marais salants.
Concernant les progrès de ces derniers jours, je n'ai rien à déclarer en particulier. Pour le moment, je dois confirmer ce que j'ai entrepris avec Jessica en début de semaine, et c'est déjà pas mal.
Je continue donc à marcher entre les barres et à faire diverses exercices pour re-muscler mes petites jambes.
Mardi, je vais avoir un rendez-vous avec un chirurgien de Saint Anne pour faire un bilan des évolutions et prévoir un nouveau programme. Peut-être une date de sortie pour aller en centre de rééducation de jour à La Ciotat?!
Vendredi après midi, Maman est venue me chercher pour aller à la maison de Marseille. Petite panique en constatant que la montée était... raide. Mais grâce à Paul, nous avons réussi à franchir l'obstacle. Je leur fais faire un peu de remise en forme gratuitement.
Une fois dans le canapé, j'ai vite repris les bonnes habitudes de mes soirées d'enfance.
Samedi matin, nous avions une mission de taille avec Jean Phi. Nous devions aller faire essayer la jument à des potentiels acheteurs. Difficile de ne pas être très triste au point que les larmes aient coulées toute la matinée. Cette jument est tellement magique que je savais d'avance qu'elle plairait.
Quand Charlotte, la jeune fille qui la montait, a dit à sa maman: "Ok on la prend" Je me suis effondrée en larme. J'y étais enfin, ce moment tant redouté ou le rêve de l'élevage s'en est allé. Au revoir ma douce Lagazelle, ta gentillesse et ta beauté vont beaucoup me manquer. Mais je n'avais pas d'autres choix, pardonne moi je t'en prie.
Tu pars dans une bonne famille je crois, et promis si jamais tu re-croises ma route et que j'en ai la possibilité, je te récupérerai et tu viendras dans ton abris/boxe que nous t'avions réservé.
Au revoir belle blonde.
Et pendant ce temps là, deux éclopées pleuraient leurs juments vendues à cause de leurs os cassés. On a vraiment fait la paire toutes les deux. Laurence (ma cousine) a dû elle aussi vendre sa jument car elle aussi a eu des os cassés, et elle aussi à cause d'un cheval...
Rémi (son mari) et Jean Phi se sont bien gardés de se moquer de notre déplorable situation. C'est pas beau de se moquer des handicapées.
Rémi (son mari) et Jean Phi se sont bien gardés de se moquer de notre déplorable situation. C'est pas beau de se moquer des handicapées.
Nous sommes ensuite tous les quatre allés manger à Baravéou pour se consoler.
Et puis, Jean Phi m'a emmené en voiture voir les dalles (boxes et abris) des chevaux, puis il m'a rapproché au plus près de la potentielle future carrière, plutôt pas mal... à voir.
En milieu d'après midi, j'ai fait un faux mouvement et j'ai eu de très fortes douleurs dans le bassin. Nous n'avons donc pas trop tardé à rentrer, même si nous avons quand même fait un détour pour voir Soprano.
Le soir je me suis écroulée dans une position identique à la veille avec mes douleurs désagréables en prime.
Le dimanche, j'ai passé une bonne partie de la journée à me faire pouponner par Maman. Puis avec Jean Phi nous avons pris la route en direction de Hyères.
Nous nous sommes tout de même arrêtés pour faire un débriefing des travaux. Je suis très contente du rendu des murs en pierres rejointoyés (et oui, ça se dit comme cela).
Sur la route du retour, coup dur à l'arrivée dans Toulon, coincés dans les bouchons, une ambulance du Samu nous dépasse toutes sirènes hurlantes. J'ai fait remarquer à Jean Phi que trois mois auparavant, c'était moi qui empruntais ce même chemin.
J'ai ressenti des frissons dans tout le corps et des larmes ont coulé toutes seules. Je me suis également sentie mal en me remémorant la douleur insoutenable et le stress oppressant des Urgentistes à mon chevet.
Je vais devoir surmonter l'épreuve de la vie normale, où les ambulances nous dépassent à fond dans les embouteillages. Je dois comprendre que je ne suis pas dedans, et que je n'ai plus mal. À l'heure actuelle, il m'est difficile d'oublier.
Avant de rentrer définitivement dans ma prison dorée, passage obligatoire chez Mac Donald afin de nous restaurer.
Nous avons respecté les critères d'accueil: "Venez comme vous êtes!"
Enfin, je peux vous dire que c'est pas évident d'être en fauteuil roulant dans une file d'attente d'un Mc Do, avec tous les regards posés sur soi, les désolés, les compatissants, les indifférents, ...
Vite vite vite, j'ai hâte de retrouver mes deux jambes, tous les regards pèsent trop sur moi en société. Je ne veux pas faire pitié et surtout pas me faire remarquer.
Grosse pensée à tous les handicapés qui ont toute leur tête et qui se retrouvent trop souvent confrontés à des milieux publics hostiles.
Et merci à Mc Do pour son infrastructure formidable adaptée aux fauteuils roulants. Des bornes de commande à ma taille où l'on peut passer les jambes en dessous, des toilettes spacieux, des chaises non fixes pour que je puisse les remplacer par mon fauteuil, et... une MARCHE monstrueuse pour rentrer dans le restaurant.
Vite vite vite, j'ai hâte de retrouver mes deux jambes, tous les regards pèsent trop sur moi en société. Je ne veux pas faire pitié et surtout pas me faire remarquer.
Grosse pensée à tous les handicapés qui ont toute leur tête et qui se retrouvent trop souvent confrontés à des milieux publics hostiles.
Et merci à Mc Do pour son infrastructure formidable adaptée aux fauteuils roulants. Des bornes de commande à ma taille où l'on peut passer les jambes en dessous, des toilettes spacieux, des chaises non fixes pour que je puisse les remplacer par mon fauteuil, et... une MARCHE monstrueuse pour rentrer dans le restaurant.




KNIIIIIFE!!!
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