mardi 4 octobre 2011

Mardi 04 Octobre "Visite chez le Chir."

Ce matin, après une séance de psychomotricité très intéressante, Joana m'a torturé comme il le faut en kiné avec une séance d'abdos fessiers de folie.
Par ailleurs, je ne saurais pas expliquer pourquoi, mais aujourd'hui j'ai été très fatiguée toute la journée.

D'ailleurs, après le repas, c'est Anne Sophie en personne qui est venue me chercher dans ma chambre, alors que je m'étais assoupie dans ma chambre. Je suis donc allée en remise en forme avec la trace des draps sur mon bras, et avec la tête d'un ours se réveillant après l'hiver.

Par chance, la vue que nous avons de la remise en forme au bord de mer c'est ça:


Maman est ensuite venue me chercher pour aller à la fameuse visite de contrôle à l'hopital de Saint Anne. C'était la première fois que je m'y rendais par la grande porte. J'ai vraiment trouvé que le hall d'entrée était immense et je n'avais pas du tout imaginé l'endroit comme cela.

Le chirurgien était plutôt content de mes radios. Il m'a dit que les cales osseux se faisait bien, ainsi que les ponts des os iliaques. Il a trouvé que c'était une bonne idée d'aller en centre de rééducation de jour à La Ciotat à partir de fin Octobre début Novembre.

Je lui ai également posé quelques questions concernant mes appuis. Il a accepté que je marche avec des béquilles et que je monte les marches, mais pense que c'est encore un peu tôt pour marcher avec 100% de mon poids sur mon bassin.

Il pense que d'ici un an minimum je pourrai marcher normalement et pourquoi pas courir comme il me l'a si bien expliqué. Autrement dit, je ne dois pas compter conduire avant un bout de temps, ni monter à cheval, ni reprendre une vie normale d'ailleurs.

Il faudra du temps, je le prendrai.

lundi 3 octobre 2011

Lundi 03 Octobre "Au boulot!"

A partir de cette semaine, toutes mes journées seront remplies avec un planning chargé. J'aurai remise en forme tous les jours, au lieu de deux fois par semaine. Le rythme s'accélère et la sortie arrive à grands pas.

En train de marcher sur le tapis roulant avec une légère pente pendant quinze minutes. Je n'ai ressenti aucune douleur, et avec un rythme soutenu, et beaucoup de plaisirs.


Sonny (stagiaire Kiné) a remplacé Jessica ce matin. En tant que bon nouveau tortureur, il s'est associé à Joana pour me faire souffrir. Au programme de la matinée, musculation des abdos et des fessiers, j'ai obéi sans discuté tel un bon soldat.
Je suis très contente que ce soit Sonny qui ait pris la relève, il m'a semblé très investit et très professionnel, tant mieux.

En fin de séance, Joana m'a fait faire du vélo pendant une quinzaine de minutes, mais une vilaine crampe à la cuisse m'a sauvé, et j'ai eu le droit de remonter cinq minutes plus tôt après quelques étirements.

Arrivée dans ma chambre, une lettre m'attendais posée sur mon lit. Elle contenait un petit ange en terre cuite qui est censé me protéger pour la vie. Merci à Patricia B. que je ne connais que très peu, et qui a pris le temps de me faire parvenir un cadeau symbolique à ma situation.


Après ces durs efforts et le déjeuner, je me suis écroulée jusqu'à 14h15, heure à laquelle je devais aller en remise en forme. Encore exténuée par les exercices du matin, je n'ai pas trop forcé sur les poids d'Anne Sophie, mais j'espère qu'elle ne m'en tiendra pas rigueur étant donné la situation.

Aurélien était avec sa nouvelle canne dont il était tout content. Modèle assez intéressant.


Puis tout de suite après, je suis allée en balnéo. Et là rebelote, j'étais la cible d'Aïda, et elle avait décidé de me torturer de manière identique à ce que j'avais déjà fait en kiné le matin même.

Elle a également trouvé un bon moyen de faire travailler mes jambes et mon bassin avec des sortes de pieds en ventouse. Assez amusant de marcher avec cela.
Elle m'a demandé de faire comme si je devais piger du raisin, et pour avoir vu Jean Phi pratiquer la méthode, je savais effectivement déjà faire.




Alice F est ensuite venue me rendre visite avec une boite de Haribo de taille XXL, ainsi qu'un très beau cadeau venant de la part de toute la famille F.


Je suis très touchée qu'ils aient pensé à mes 25 ans et aussi sensible à leur grande présence durant cette épreuve. Merci.

Ce soir à table, il y avait deux nouvelles personnes qui venaient d'arriver à ma table et qui remplacent Anissa et Bernard avec qui je m'entendais à merveille. Des gens pas du tout bavard et plutôt fermés, je sens que les repas vont être long...

dimanche 2 octobre 2011

Week-end du 01/02 Octobre "À la maison"

La fin de la semaine dernière a été riche en événements, et c'est d'ailleurs pour cela que la Biscotte n'a pas été très bavarde. Je pense que vous me pardonnerez si je vous dis que j'ai fait le choix d'aller m'amuser au dépend de mes écritures.

Mes amis kinés sont désormais partis, mais avant cela nous avons bien fêté leur départ comme il se doit. Ils me manquent déjà. Ils m'ont promis de revenir nous rendre visite peut-être en Février à Baravéou, je suis donc impatiente de les revoir. 

Jeudi soir, nous sommes allés sur la plage pour profiter de notre dernière soirée tous ensemble. Ils ont été géniaux concernant la logistique et tout le reste.

Jessica et Brice ont transporté tant bien que mal ma poussette, pendant que Bertrand m'aidait à faire mes tout premiers pas dans le sable en m'assurant la marche. Avec trois kinés à mes cotés, aucune inquiétude concernant des contre indications potentielles, ils ont géré.


Tout avait bien commencé jusqu'à ce que des moustiques tigrés viennent nous envahir par milliers. De mon coté tout allait bien, car mon sang n'est pas trop comestible. Mais les kinés ont le sang assez fruité de toute évidence.

Jessica avec mon écharpe qui tente d'éviter les attaques des féroces assaillants.


Nous avons donc fini la soirée un peu plus en amont de la plage pour ne pas être dévorés tout cru par les moustiques des marais salants. 

Concernant les progrès de ces derniers jours, je n'ai rien à déclarer en particulier. Pour le moment, je dois confirmer ce que j'ai entrepris avec Jessica en début de semaine, et c'est déjà pas mal.
Je continue donc à marcher entre les barres et à faire diverses exercices pour re-muscler mes petites jambes.

Mardi, je vais avoir un rendez-vous avec un chirurgien de Saint Anne pour faire un bilan des évolutions et prévoir un nouveau programme. Peut-être une date de sortie pour aller en centre de rééducation de jour à La Ciotat?!

Vendredi après midi, Maman est venue me chercher pour aller à la maison de Marseille. Petite panique en constatant que la montée était... raide. Mais grâce à Paul, nous avons réussi à franchir l'obstacle. Je leur fais faire un peu de remise en forme gratuitement.


Une fois dans le canapé, j'ai vite repris les bonnes habitudes de mes soirées d'enfance.


Samedi matin, nous avions une mission de taille avec Jean Phi. Nous devions aller faire essayer la jument à des potentiels acheteurs. Difficile de ne pas être très triste au point que les larmes aient coulées toute la matinée. Cette jument est tellement magique que je savais d'avance qu'elle plairait.

Quand Charlotte, la jeune fille qui la montait, a dit à sa maman: "Ok on la prend" Je me suis effondrée en larme. J'y étais enfin, ce moment tant redouté ou le rêve de l'élevage s'en est allé. Au revoir ma douce Lagazelle, ta gentillesse et ta beauté vont beaucoup me manquer. Mais je n'avais pas d'autres choix, pardonne moi je t'en prie.

Tu pars dans une bonne famille je crois, et promis si jamais tu re-croises ma route et que j'en ai la possibilité, je te récupérerai et tu viendras dans ton abris/boxe que nous t'avions réservé.
Au revoir belle blonde.


Et pendant ce temps là, deux éclopées pleuraient leurs juments vendues à cause de leurs os cassés. On a vraiment fait la paire toutes les deux. Laurence (ma cousine) a dû elle aussi vendre sa jument car elle aussi a eu des os cassés, et elle aussi à cause d'un cheval...

Rémi (son mari) et Jean Phi se sont bien gardés de se moquer de notre déplorable situation. C'est pas beau de se moquer des handicapées.


Nous sommes ensuite tous les quatre allés manger à Baravéou pour se consoler. 

Et puis, Jean Phi m'a emmené en voiture voir les dalles (boxes et abris) des chevaux, puis il m'a rapproché au plus près de la potentielle future carrière, plutôt pas mal... à voir.


En milieu d'après midi, j'ai fait un faux mouvement et j'ai eu de très fortes douleurs dans le bassin. Nous n'avons donc pas trop tardé à rentrer, même si nous avons quand même fait un détour pour voir Soprano.
Le soir je me suis écroulée dans une position identique à la veille avec mes douleurs désagréables en prime.


Le dimanche, j'ai passé une bonne partie de la journée à me faire pouponner par Maman. Puis avec Jean Phi nous avons pris la route en direction de Hyères. 

Nous nous sommes tout de même arrêtés pour faire un débriefing des travaux. Je suis très contente du rendu des murs en pierres rejointoyés (et oui, ça se dit comme cela). 


Sur la route du retour, coup dur à l'arrivée dans Toulon, coincés dans les bouchons, une ambulance du Samu nous dépasse toutes sirènes hurlantes. J'ai fait remarquer à Jean Phi que trois mois auparavant, c'était moi qui empruntais ce même chemin.

J'ai ressenti des frissons dans tout le corps et des larmes ont coulé toutes seules. Je me suis également sentie mal en me remémorant la douleur insoutenable et le stress oppressant des Urgentistes à mon chevet.

Je vais devoir surmonter l'épreuve de la vie normale, où les ambulances nous dépassent à fond dans les embouteillages. Je dois comprendre que je ne suis pas dedans, et que je n'ai plus mal. À l'heure actuelle, il m'est difficile d'oublier.

Avant de rentrer définitivement dans ma prison dorée, passage obligatoire chez Mac Donald afin de nous restaurer.
Nous avons respecté les critères d'accueil: "Venez comme vous êtes!"


Enfin, je peux vous dire que c'est pas évident d'être en fauteuil roulant dans une file d'attente d'un Mc Do, avec tous les regards posés sur soi, les désolés, les compatissants, les indifférents, ...

Vite vite vite, j'ai hâte de retrouver mes deux jambes, tous les regards pèsent trop sur moi en société. Je ne veux pas faire pitié et surtout pas me faire remarquer.
Grosse pensée à tous les handicapés qui ont toute leur tête et qui se retrouvent trop souvent confrontés à des milieux publics hostiles.

Et merci à Mc Do pour son infrastructure formidable adaptée aux fauteuils roulants. Des bornes de commande à ma taille où l'on peut passer les jambes en dessous, des toilettes spacieux, des chaises non fixes pour que je puisse les remplacer par mon fauteuil, et... une MARCHE monstrueuse pour rentrer dans le restaurant. 

jeudi 29 septembre 2011

Mercredi 28 Septembre "Quand la caravane passe..."

Cette nuit je me suis faite piquer par un moustique. Houra! Enfin l'un d'entre eux aura eu l'audace de tenter l'action. Et ce n'est pas faute d'avoir laissé ma fenêtre ouverte avec la lumière allumée.
Depuis trois mois, mon sang devait être tellement dégoutant, que même avec six ou sept moustiques dans ma chambre, aucun ne tentait l'aventure.
Désormais j'ai eu mon bouton qui gratte, je suis contente.

J'ai eu beaucoup de difficultés à m'endormir la nuit dernière. Et le fait de marcher me fatigue pas mal même si j'ai du mal à l'admettre. Je suis donc allée au petit déjeuner avec des petits yeux tout gonflé.

En kiné, Jessica m'a automatiquement indiqué de travailler dans les barres parallèles, j'y suis allé plutôt deux fois qu'une. 


Jess m'a appris à me lever et à m'assoir comme les vieux, mais sans grand succès. Je n'avais pas assez de force dans les jambes pour me lever toute seule.

Je suis impatiente chaque matin d'aller me faire torturer, ce qui est assez étonnant. Mais je crois qu'au delà de simples kinés, ces personnes sont devenues mon quotidien et je les apprécie énormément. Jessica et Bertrand rentrent chez eux sur Paris ce week-end. Je vais certainement me sentir très seule quand ils vont partir.
Pire encore, ils vont me manquer.

Après un déjeuner rapide, je suis vite allée en direction de ma chambre pour me reposer. Lorsque mon réveil à sonner pour aller en remise en forme, je me sentais exténuée. J'ai donc demandé aux Aides soignantes de prévenir Anne Sophie que je n'allais pas venir pour cause de fatigue grave. Marcher c'est épuisant, mais j'adore ça, du coup j'abuse des bonnes choses au détriment du reste de la journée.

Environ une heure plus tard je me suis levée en mode zombie pour aller en balnéo. Aïda a même cru que j'avais mal quelque part tellement mon visage était éteint par la fatigue.
Cette non expression sur mon visage n'a pas duré longtemps. Jessica m'a pris en charge et nous avons en plus de bien travaillé, bien rigolé.

Puis, Alexis a allumé les jets ultra puissants dans la piscine. Ma mission si je l'acceptais, tenir debout sans être déstabilisée, ainsi que faire des demi tours sur place pour perfectionner mon équilibre. Et pendant ce temps là, Alexis se faisait masser les pieds à trente centimètres de la sortie d'eau. Je me souviens avoir eu de bons moments de rigolade.

Après avoir pris une douche, seule, j'ai voulu aller profiter du soleil couchant avec un bon livre d'éthologie équine. Je me suis transférée toute seule de mon fauteuil au banc pour me sentir plus normale. 



En soirée nous avions tous rendez-vous en bas du pavillon pour un départ groupé au restaurant. Et voilà un convoi exceptionnel d'une quinzaine de fauteuils roulants, plus quatre ou cinq béquilleux ainsi que quelques kinés persistants. 



Nous avons passés une extraordinaire soirée, et le mot est faible. Depuis trois mois, j'étais confinée dans de l'aseptisé mis à part le week end dernier.


Mon premier restaurant avec mes copains kinés, une super ambiance, de l'alcool à flot (au moins deux coupettes de Champ. et un verre de rosé... impressionnant!). D'ailleurs quand la serveuse est venue nous demander ce que nous souhaitions boire, j'ai bondi sur mon fauteuil en criant: Champagne!


Quoi de mieux que du Champagne, pour fêter l'événement.

mercredi 28 septembre 2011

Mardi 27 Septembre " Lève toi et marche! Il est temps"

C'est le grand jour.
Je suis arrivée en kiné avec 45 minutes d'avance. Joana avait beaucoup trop de patients pour pouvoir me prendre anticiper la marche de l'empereur. Je suis donc allée faire les cent roues dans l'allée, en attendant que mon heure vienne.

Quelques minutes plus tard, je re tente ma chance, et Jessica m'invite à positionner mon fauteuil devant les barres. Ça y est je vais le faire? Vraiment?



Joana est près de moi pendant que Jessica immortalise mes premiers pas. Quelques conseils avant de me lancer d'un pas hésitant et sûr à la fois avec l'aide de mes bras.

Il est temps.

J'ai su par la suite que Jessica avait trouvé que j'avais des étoiles dans les yeux. L'expression est faible, je me suis sentie vivante. Je me suis sentie moi-même.

Le monde m'a paru tout de suite tout petit, Joana que je pensais assez grande faisait au bas mot quinze centimètres de moins que moi. Jessica non plus n'était pas si grand. Et tout à coup le grand Bertrand était à mon niveau.



Le moment était important pour moi, mais j'ai pu constater avec bonheur que toutes les personnes qui m'entourent à Pomponiana m'encourageaient. Solidarité ou tout simplement amitié, je me suis sentie bien entourée, il ne manquait plus que ma famille.

J'ai essayé de dormir après mangé avant d'aller en balnéo car les émotions du matin m'avaient bien épuisées. Mais j'ai eu beaucoup de mal à fermer les yeux, avec des papillons plein le ventre, j'étais heureuse.

Quand je me suis présentée devant la piscine, j'ai vu de loin Aïda (rentrée de vacances le jour même) qui m'a indiqué que je pouvais entrer dans la piscine par la rampe.

Au début je croyais qu'elle me faisait une blague, mais en fait pas du tout. Charlène m'a secondée pour que je prenne la douche d'entrée obligatoire debout, et m'a ensuite accompagnée jusqu'aux barres pour descendre dans l'eau.

Aïda m'a présenté quatre nouveaux exercices adaptés à ma nouvelle situation physique. Puis, avec Alexis nous avons travaillé à contre courant notre équilibre. Et enfin Jessica m'a bien évidemment torturée.

En remontant dans ma chambre, je me suis discrètement approché de ma douche, et j'ai tenté de me laver seule. Merci mon D***! J'ai enfin pris une douche en totale autonomie.
Et tout s'est bien passé, et d'ailleurs même beaucoup mieux que dans le lit spécial douche.

Bien noté, dorénavant je me doucherai toute seule!

Après le repas du soir, Jean Phi a fait une apparition rapide et m'a montré des vidéos de la petite "Biscotte" qu'il venait d'aller voir. Elle est trop belle!!!! J'ai hâte de pouvoir la tenir dans mes bras.
Sur la vidéo, elle suit Jean Philippe partout alors que ses soeur ne s'y intéressaient pas.
Je lui ai montré quelques pas de marche pour qu'il puisse juger de mes beaux progrès, il était ravi.

Par la suite, j'ai rejoins sur l'esplanade les adeptes de Pomponiana et nous avons comme a notre habitude bien discuté de tout et de rien.

Bertrand est arrivé par hasard et m'a proposé de faire un petit tour à pieds sur quelques mètres. Étant donné son statut de kiné stagiaire, j'ai volontiers accepté. J'ai marché devant lui avec mes mains en appuis sur les siennes. Je saurai au moins comment apprendre à marcher à mes enfants. Merci bertrand d'avoir pris le temps de me faire marcher.

Enfin avant d'aller me coucher, Jessica nous a apporté des parts de gâteau à la framboise que nous avons mangé goulûment, puis je les ai laissé aller à la Rhumerie. 
Rhum Pom pom pom... C'est du joli.



mardi 27 septembre 2011

Lundi 26 Septembre "Reprise des choses sérieuses"

Ce matin, je me suis réveillée en super forme. J'aurai pu déplacer des montagnes. Je suis même allée prendre mon petit déjeuner en salle tellement j'étais impatiente de faire pleins de choses de ma journée.

En kiné, Jessica m'a qu'à moitié torturée puisqu'elle m'a verticalisée pendant au moins 30 minutes à 90°. Instants durant lesquels, Joana et Jessica se sont fait un malin plaisir à me faire faire des tas d'exercices douteux. Mes jambes en tremblent encore.
Et pendant ce temps là Bertrand faisait un câlin à Bernard. Mais non, il travaillait bien évidemment.


J'étais arrivée un petit peu en avance en kiné car je savais que je devais aller faire une radio de contrôle avant midi.
Le radiologue m'a d'ailleurs expliqué avec précisions comment fonctionnait la machine de radiologie ainsi que les précautions à avoir par rapport aux rayons X, etc.
J'ai pas osé lui dire que je n'avais pas fait un Bac S pour de très bonne raisons. Mais bon, j'ai écouté par respect, en acquiesçant très souvent.

Radio du 6 Juillet 2011


Radio une semaine après l'accident


Radio de ce jour! On peut apercevoir les calcifications notamment au niveau des branches ilio et ischio pubiennes. A priori, le Docteur devrait autoriser à Joana et Jessica de me faire marcher dans les barres demain.
On peut remarquer aussi que le niveau de mes hanches est plus haut sur la droite de la photo, donc mon coté gauche. Ce qui explique assez bien la différence de deux centimètres entre mes deux jambes.


En remise en forme, Anne Sophie a décidé de totalement m'assortir. Du coup j'ai eu droit aux élastiques les plus durs, c'est le prix à payer pour être stylée. Un peu de futilité ne fait de mal à personne, et peut même faire rire. Si ma bonne humeur rose peu apporter de la gaieté c'est tant mieux.



Pour la première fois, Jessica était en balnéo et assistait Audrey. Étant son cobaye de Mémoire, elle s'est bien évidement occupé sérieusement de mon cas. Et me connaissant par coeur, elle a bien poussé le vice jusqu'au bout, jusqu'à...
ATTENTION LES YEUX, les images qui suivent peuvent choquer.


Vous ne rêvez pas, je suis debout dans la piscine avec de l'eau sous le genou. J'ai eu quelques douleurs que j'ai identifié rapidement au niveau du sacrum. Une douleur stridente mais éphémère. Elle s'est apaisée lorsque j'ai compensé avec ma jambe droite. Verdict: je boite.

Tant pis, je suis debout, j'ai toujours mon sourire et je suis plus que jamais prête à surmonter cette nouvelle épreuve qui se dresse devant moi. Le temps et la patience sauront certainement mieux comment réparer cette anomalie.

Le soir, j'ai encore été en contact avec la magnétiseuse. Au pire si ça ne fait pas de bien, ça ne fait pas non plus de mal.

ps: 7000 pages lues à ce jour. Merci de votre fidélité si j'ose dire. N'hésitez pas à me laisser des commentaires. Que je sache un peu qui sont mes lecteurs anonymes!!
Merci.

lundi 26 septembre 2011

Week-end du 24/25 Septembre "Du rêve"

Vendredi 16h, le grand départ. Je crois que mon sourire ravi en dit long. Maman avait pris des gros oreillers que j'ai pu mettre sous mes fesses afin de voyager confortablement. Le dossier bien incliné, et le fauteuil roulant dans le coffre, le départ avait sonné. 
Trois mois s'étaient écoulé depuis l'accident. Et une fois dans la voiture j'ai occulté toutes mes mésaventures et tout étaient comme avant.


Passage obligatoire et prioritaire en allant voir mon Soprano. J'ai ouvert la portière de la voiture toute excitée de le voir de loin et... heu non, il me manquait mon fauteuil. Les transferts de la voiture au fauteuil étaient assez périlleux mais faisable. Une main accrochée sur la barre de toit et une autre posée sur le fauteuil, on lève le tout avec les bras, et puis hop, le tour est joué.
Mon doudou mangeait tranquillement son foin, mais a été plutôt réceptif à mes carottes. Mis à part ma position assise, rien n'avait changé. Il a gratté le sol comme à notre habitude à ma demande, et m'a fait les poches en tant que bon voleur de bonbon qu'il est.


Rassurée de l'avoir vu et aux anges d'avoir pu le caresser, je me suis faite gronder par Jean Philippe qui arrivait, car j'étais rentré dans le paddock du cheval en fauteuil. 
Il est vrai que je lui avais affirmé que je ne le ferai pas par sécurité. Mais sur le moment, je n'y pensais même plus, et je voulais juste être plus près de lui, sans le fil qui nous séparait.


Une fois arrivée chez Papinou et Maminou, j'ai remarqué qu'ils m'avaient fabriqué une rampe pour pouvoir rouler directement dans la chambre par l'extérieur. Ils m'avaient donc très gentiment laissé leur chambre du rez de chaussé. Merci beaucoup!

J'ai essayé de me faire la plus discrète possible, même si je ne passais pas inaperçue avec mon 4x4. J'ai effectué mes transferts toute seule et j'ai même tenté d'aider un peu pour les taches ménagères mais sans grand succès.

La vie en fauteuil c'est tout simplement l'horreur. On perd toute autonomie. Heureusement que ce n'est que provisoire.

Pour la première fois de ma vie, mon Papa m'a offert un bouquet de fleurs. Le geste était immensément symbolique, et il sonne dans ma tête comme un bienvenu dans la vrai vie. 


Première nuit à coté de mon Jean Phi. Trop bien. Sauf peut-être sa méchante toux, car les garçons c'est bien connu, ça ne se soignent pas quand ils sont malade. Et encore moins quand personne ne va à la pharmacie pour eux. Du coup, j'ai dormi avec des boules Quies. Mais au moins j'étais dans un vrai lit, dans une vrai maison et avec mon chéri.

Samedi matin, Jean Phi était parti aux aurores pour aller faire du marteau piqueur à la maison. Maminou m'avait gentiment préparé un petit déjeuner avec des oranges pressées, pendant que le soleil se levait timidement.

Nous avons mangé à la maison (Baravéou) entre midi et deux. Sophie et Franklin avaient apporté un pique nique de luxe. Chachou m'a adorablement offert quelques roses. Et Cerise et Rémi s'étaient amicalement joint à nous en plus des parents, Ludo et Jean Phi.


Puis après avoir bien mangé, nous nous sommes attelés aux choses sérieuses. Notre mission, délimiter les cloisons de la salle de bain et de la chambre, tout en gardant des couloirs de taille raisonnable.


 Une fois la mission accomplie, nous sommes allés nous promener sur nos terres (hihihi!) avec Jean Phi. Il a essayé de me montrer de plus ou moins loin la potentielle carrière d'équitation et le beau chemin refait à neuf. Pour cause de non accessibilité je n'ai pas pu aller jusqu'aux dalles des abris/boxes, dommage, une prochaine fois peut-être.


Dimanche rebelote, après un petit déjeuner matinal chez Maminou, nous avons mangé avec Papa, Maman, Paul, Ludo Maxence et Jean Phi à la maison.


Nous avions prévu de travailler sur les plans de la potentielle chambre du rez de chaussée mais...


La pluie s'étant invité à torrent parmi nous, nous avons du écourter notre journée. Parce que le fauteuil roulant dans la boue c'est pas l'idéal.


Mon petit frère Polo, a assuré sur le plan logistique et m'a protégé de la pluie tant bien que mal. Mais lui était mouillé comme s'il avait pris une douche, comme tous d'ailleurs sauf moi. Quelques fois, il faut trouver les points positifs au fauteuil roulant, tout le monde se plie en quatre pour ne pas que je reçoive une goutte d'eau.


En un rien de temps nous sommes retournés chez Papinou et Maminou nous mettre à l'abris, et déjà il fallait rentrer à Pomponiana.
Jean Phi s'est mis à genou pour me remettre mes chaussures, moment à immortaliser.


Avant d'aller chercher un Mac Do sur Hyères, nous sommes vite passés voir les palettes des abris/boxes qui sont stockées momentanément à la coopérative du village . Ils sont là, prêt à être livrés chez nous. Que du bonheur que de penser que nos deux gros chevaux vont enfin venir à la maison.
Rien que d'y penser ça me semble irréel, depuis le temps que je dis que je veux vivre à la campagne avec des poules! .



Un grand merci Papinou et Maminou pour leur accueil chaleureux. J'espère avoir été la plus discrète et la moins encombrante possible pour eux ce week end. Peut-être qu'il y en aura d'autres... je l'espère. 

Le week end est passé tellement vite que je n'ai pas eu l'occasion de penser à ce que je pouvais ressentir. J'ai juste profité de tous ces moment en famille ou entre amis. Il s'agissait de la vie, la vrai... et non pas cette parenthèse que je dois traverser.

Arrivés à Pomponiana avec Jean Phi, les aides soignantes m'ont accueilli avec le sourire. Je pensais être triste de retourner au centre, mais en fait je me suis adapté à ma vie en rééducation. Ou plutôt, ce sont les installations du site qui sont adaptées à moi, et j'y suis comme un poisson dans l'eau. 

Quel bonheur de retrouver une facilité de déplacement et surtout une certaine autonomie. J'étais ravie de pouvoir raconter à tout le monde mon week-end de rêve que j'avais tant attendu. 
Mes batteries sont rechargée pour un bon moment.

vendredi 23 septembre 2011

Vendredi 23 Septembre "L'automne annonce une permission pour ce week-end"

À mon réveil, un élan de folie a frappé mon esprit. Le Docteur m'avait déjà confirmé deux semaines auparavant que je pouvais rentrer le week-end chez moi, quand je le souhaitais.

Jusqu'à présent j'étais terrorisée à l'idée de me faire mal, mais encore plus par le changement que cela pouvait impliquer. Depuis trois mois, je suis enfermée dans une prison dorée, avec une routine qui s'est installée. J'ai eu du mal à prendre la décision de rentrer à la maison et de me sortir de mon train train quotidien, dodo, kiné, muscu et balnéo.

J'appréhende le fait de retourner dans des endroits familiers que je ne connais que debout ou à cheval. Difficile de s'imaginer à nouveau chez soi, et de se rendre compte que la vie à quand même continuée sans moi.

Il va falloir faire face à la réalité, mais tant qu'à faire autant commencer par y retourner les week-end d'abord, avant d'y retourner pour toujours.
Et ce matin j'ai senti que si je ne rentrais pas ce week end, j'allais craquer.

J'ai donc fait une demande express à l'infirmier pour savoir s'il était encore temps de programmer mon départ pour le soir même. Par chance, le livret de sortie n'avait pas encore été signé par le Docteur. Laurent (l'infirmier) a donc fait toutes les démarches pour que mes désirs deviennent réalité. 
Après un débriefing de quinze minutes sur les piqures que j'allais devoir m'injecter seule tous les matins, ainsi que les précautions que j'allais devoir prendre pour ma santé, il m'a souhaité de passer un bon week-end bien mérité!

Par ailleurs, il y a quelques temps Papinou et Maminou s'étaient gentiment proposés de m'accueillir chez eux quand le moment serait venu. Car leur maison se prête bien au fauteuil roulant, il y a une chambre de plain pieds. Je l'ai donc appelé ce matin un peu au dernier moment pour vérifier si sa proposition tenait toujours.
Apparemment je devrais dormir dans une des chambres au premier étage. Mais n'étant pas du tout mobile, ni pliable, il va falloir que Jean Philippe et quelqu'un d'autre me portent avec mon fauteuil les matins et les soirs, pour monter et descendre les escaliers.
Une deuxième contrainte se pose également, celle de la largeur de mon fauteuil qui risque de ne pas passer dans le virage de l'escalier. 

De toutes les manières, si jamais c'est trop compliqué j'irai à Marseille chez Papa et Maman. Mais cette option me contrarie assez car il faut trois quart d'heure de plus pour aller jusqu'à Marseille. Donc beaucoup de route pour mon bassin tout cassé, et un peu triste d'être loin de chez moi.

En allant à la réception de Pomponiana, j'ai croisé le Docteur qui m'a bien confirmé qu'il ne voyait aucun inconvénient à mon départ de ce week-end. Il affichait même un grand sourire de contentement pour moi.
Tout bas, je lui ai demandé si j'avais le droit en permission de boire un petit peu d'alcool. Il m'a répondu en rigolant: "Oh, une petite coupe de Champagne ça fait toujours du bien". Parfait!

Je suis donc arrivée en Kiné en fanfare. Et pour fêter la fin de la semaine Jessica m'a verticalisée à 90° soit 100% d'appuis sur mes jambes!


Puis elle a décidé de me crucifier, 


avant de finir la séance par de la torture chinoise.


Mon genou gauche a plié à 110° en Kiné ce matin, et cet après midi en balnéo, il a plié à 120°. Magnétisme ou pas, tout ce qui m'importe c'est le progrès.

Bertrand et Joana sont passés par la piscine pour me regarder marcher avec de l'eau jusqu'aux genoux. Et oui, je marche avec 80% de mon poids en appuis, que du bonheur. (J'attends les photos d'Audrey avec impatience)

Maman arrive d'ici dix minutes pour m'emmener voir Soprano, puis aller chez Maminou. Je vais donc vous abandonner sur ces bonnes notes de musique, pour préparer mon sac en vitesse.

Bon week end à tous, je sais déjà que le mien s'apprête à être formidable...